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Dramma in musica

Le berceau de l’opéra

_Ensemble Il Groviglio_

Dimanche 18 décembre à 16h00

Musiques de Caccini, Belli, Cavalli, Landi, Monteverdi, Sacrati, Da Gagliano…

L’invention du recitar cantando à Florence à la fin du XVIIe siècle a bouleversé l’approche et l’expression musicale des sentiments. L’interprète, désormais soliste, devient le porte-parole des affetti véhiculés par une parole poétique que la musique ne fait que prolonger.

Quand naît l’opéra, c’est le même principe monodique qui régit le madrigal musical, genre à l’origine poétique mais déjà accompagné de musique. D’une forme polyphonique le madrigal devient monodique, les instruments de la basse continue se substituant aux autres voix pour mieux renforcer le pouvoir pathétique de la parole. Monteverdi est sûrement l’un des protagonistes de cette évolution importante qui privilégie désormais, à partir du cinquième Livre (1605), le chant monodique de la Seconda Pratica et qui trouve sa sublimation dans son
Orfeo, tout premier opéra de l’histoire.

La langueur du soupir amoureux ou du désespoir y trouvent ici une expression nouvelle, l’exigence clairement formulée de la basse continue constituant une sorte de dialogue avec la voix en forme de passerelle entre «la raison des sens», pour reprendre les termes du compositeur. C’est donc ces deux formes musicales, le «recitar cantando» ainsi que le «stile concitato» qui donnent une sorte de synthèse des deux formes musicales qui régiront le «dramma per musica» : l’aria et le récitatif.

MARCO ANGIOLONI Né à Arezzo (Italie, Toscane), Marco Angioloni se forme au chant lyrique à Paris, avec Enzo la Selva de l’Opéra national de Paris et notamment au Centre de musique de Versailles. Il fait ses débuts en 2013 à l’Apostrophe, scène nationale de Cergy-Pontoise, puis se produit depuis dans divers festivals et salles en France et à l’étranger. Il est lauréat de la Fondation Royaumont.

7€ à 18€ Tarif A | Durée : 1h15 | Tout public

Ténor & direction Marco Angioloni
Viole de gambe Adrien Alix
Théorbe et guitare Léo Brunet
Musiques de Caccini, Belli, Cavalli, Landi, Monteverdi, Sacrati, Da Gagliano…

Théâtre et Démocratie

L’être humain est un être essentiellement social et non un être solitaire comme le défendait Jean-Jacques Rousseau. L’individu a besoin des autres pour survivre.
La démocratie cherche une règle commune permettant de vivre ensemble, de s’accorder, de corriger les injustices et d’éviter les massacres. De fait, elle cherche à résoudre une contradiction qui naît des deux principes sur lesquels elle se fonde :
1) égalité des conditions d’accès pour tous au savoir, aux droits, etc…
2) indépendance, autonomie de chaque individu. C’est dire avec Jacques Rancière, que “la crise est consubstantielle à la démocratie”.
Aujourd’hui, si l’on écoute Alexis de Tocqueville, ce serait l’individualisme qui menacerait notre démocratie : la conception que nous avons de la liberté moderne se fondrait sur le seul progrès de notre confort personnel… Le théâtre peut, modestement certes, s’opposer à cette dérive dangereuse en réveillant le sentiment du collectif. Oui, “le théâtre est bien un lieu de parole qui rassemble un groupe humain, mettant en présence réelle spectateurs et acteurs. Il contribue à maintenir l’usage d’une parole (sonore et signifiante) et reste de ce fait un lieu fondamental de la réorganisation sociale, où se maintient et se développe une culture commune (...). La notion de ce théâtre démocratique ne s’appuie pas sur le postulat totalitaire inepte que nous aurions tous à devoir être égaux et tous ensemble à fusionner dans une même émotion mais elle se fonde sur le fait que nous sommes tous semblables en tant que membres appartenant à la même espèce. Semblables et différents.

Théâtre et démocratie, conférence tenue par Hubert Jappelle le 26 mai 2005 à l’Université de Cergy-Pontoise.