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  SAISON 2014-2015

EDITO

TANT QU'IL Y AURA DES HOMMES

La question politique de la démocratisation de la culture a été abandonnée au marché du "culturel". 

La culture de masse non seulement masque la question, mais elle donne l'illusion d'y répondre. Dans ces conditions, que reste-t-il de la nécessité et de la signification historique d'Avignon ? Par exemple, "...Quel sens peut avoir la programmation d'un texte de W. Shakespeare joué en allemand et sous-titré en français pour un public de touristes chinois ? " Quel rôle reste-t-il à jouer par le théâtre au sein d'une telle société ? A quels besoins humains est-il encore capable de répondre, voire, auxquels de ces besoins se doit-il de satisfaire ? Eh bien, c'est Jean Vilar fondateur d'Avignon en 1947 qui par delà les décennies passées, répond de façon prémonitoire à ces questions.

"Le théâtre est toujours vivant et le sera toujours, parce qu'il est le moyen le plus simple d'expliquer l'homme et de le divertir. Oui, tant que la vie sentimentale et sensuelle de l'homme et de la femme sera bouleversée par les naissances, les amours et le deuil, les infortunes et les déboires (...), tant que vous et moi ne trouverons guère de raisons d'espérer et de souffrir autres que celles de nos pères et de nos enfants, tant que l'homme ne sera pas un robot, un inséminé artificiel, ou un objet mécanisé; tant que l'être humain questionnant et contrôlant la matière par les sciences mécaniques ne sera pas devenu mécanique (...), tant que l'homme et la femme s'efforceront de se comprendre et de se réjouir, de se comprendre et de se haïr, de se comprendre et de se raisonner, le théâtre, oui, le théâtre restera vivant".

Hubert Jappelle