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  Saison 2018-2019
Hubert Jappelle
L'École des Femmes Théâtre de l'Usine

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Molière en 2019

Dans la mouvance de mai 68, les adultes des années 70 fonçaient vers le futur en faisant table rase du passé : «cours camarade, le vieux monde est derrière toi». La situation actuelle est plus équivoque, voire nettement hypocrite : nous ne savons pas quoi faire d’un passé dont on ne peut se passer. Certes, le mot «transmission» n’est pas interdit mais il embarrasse. On multiplie les béquilles sociales que sont les ateliers de sensibilisation à l’art, on continue d’apprendre à lire et à écrire tant bien que mal, Molière et Mozart restent encore à l’affiche des théâtres et des opéras... Mais, cédant au conformisme d’une actualisation stupide, leurs mises en scène rendent les œuvres anciennes inaudibles et inintelligibles.

Or, les œuvres du passé nous sont précieuses parce qu’elles ravivent ou font découvrir des aspects de la condition humaine que le monde contemporain n’éclaire plus. Les œuvres du passé ne nous parlent pas de choses dépassées mais atteignent le cœur humain et nous éclairent sur nous-mêmes, sur notre humaine condition. Une œuvre comme L’École des femmes traverse l’épreuve des siècles sans rien perdre de la puissance de sa signification ni de sa capacité à nous émouvoir. Fondant son immortalité sur des constantes du comportement humain, elle recèle donc une vérité «transhistorique». De fait, l’intérêt qu’elle présente tient justement à la distance historique qui nous éloigne d’elle. C’est pourquoi elle ne nous sera accessible que si nous la montons en costumes et décor d’époque. C’est à dire en la situant dans le contexte socio-historique duquel elle est née.

Notre conception n’a donc rien à voir avec la contemporanéité dominante de laquelle nous nous excluons fermement : nous n’aspirons pas à nous faire remarquer en servant de porte-voix à l’air du temps. En revanche, voila ce que nous affirmons. Un professeur, un metteur en scène, un interprète, ne doit avoir, en tant que médiateur, qu’une ambition, et se tenir investi d’une seule responsabilité : rendre à l’œuvre sa vérité, lui permettre de dire tout ce qu’elle a à dire. Redoutable gageure !
Jean Vilar affirmait : «Le metteur en scène, en tant qu’interprète, n’est pas un être libre».

Hubert Jappelle


Résumé de la pièce

Le seigneur Arnolphe, d’âge mûr, est sur le point d’épouser la toute jeune Agnès : elle a vingt-six ans de moins que lui. Enfant cachée chez une nourrice de la campagne dès sa naissance, Arnolphe la recueille dès l’âge de quatre ans et l’élève, par pure “charité”. En réalité, il prévoit de l’épouser un jour en prenant soin de la maintenir à l’abri du monde et dans l’ignorance des garçons. Il escompte ainsi, grâce à son innocence, éviter le risque d’être cocufié comme tous les autres hommes. Arnolphe ? C’est le despotisme, c’est l’amour féroce et la propriété. Il veut une femme qui lui appartienne comme un animal domestique.


Illustration Hubert Jappelle
© Photo D.Chauvin


À partir de 14 ans
Tarif A (de 9€ à 22€)
Durée 2h
Du vendredi 01 février au dimanche 17 février
mardi, vendredi, samedi à 21h et dimanche à 16h séances scolaires en semaine : contactez Laure Desbans au 01.30.37.84.57

Reprise de la mise en scène de 2007 !

Auteur
Molière

Mise en scène et scénographie
Hubert Jappelle

Avec
Rafael Batonnet
Adrien Bernard-Brunel
Cécile Dubois
Alain Gueneau
Hélène Guichard
Christophe Hardy
Philippe Kieffer

Création lumière
Nicolas Jappelle

Costumes et accessoires
Nadia Léon

Décors
Adrien Alessandrini
Eric Capuano
Bérengère Gilberton

Régie
Florian Delattre
Charline Ramette

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